Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > slider > Décembre 2015 - Edito

Décembre 2015 - Edito

Ce texte est le fruit d’échanges nombreux qui ont eu lieu entre bénévoles et salariés du Cridev depuis le vendredi 13 novembre 2015

Deux semaines après les massacres perpétrés à Paris par un groupe se réclamant de l’Etat islamique, le CRIDEV tient à exprimer la colère et l’indignation que ces actes lui inspirent et sa solidarité avec les victimes et leurs proches. Les personnes assassinées aveuglément ne faisaient qu’exprimer ce soir là leur droit à la convivialité, la civilité, à une vie libre, toutes choses que ces tueurs veulent éradiquer au nom d’une vision fanatisée de la religion.

Malgré l’émotion ressentie, nous refusons pour autant d’ignorer les mécanismes à l’œuvre dans notre société et qui provoquent quotidiennement inégalités, injustices et exclusions. Nous refusons d’ignorer l’histoire coloniale et les désastres des interventions militaires en Irak, en Afghanistan, en Libye, voire aujourd’hui l’ambigüité des interventions en Centrafrique, au Tchad au Mali et … en Syrie. La guerre n’apporte jamais la paix ! Elle contribue à déstabiliser ces régions et à déclencher les départs de migrants que l’on refuse d’accueillir et que l’on stigmatise. Nous refusons en outre la stigmatisation de l’islam comme source de ces barbaries.

Dès à présent et à l’avenir, nous continuerons de nous battre pour le respect des droits humains pour tou-te-s, ici et là-bas. Nous militerons pour que la mobilité ne soit pas le privilège de quelques uns et contribue au rapprochement des peuples et au renforcement d’une citoyenneté internationale active, inclusive et émancipatrice. Nous dirons haut et fort notre refus de la fermeture des frontières, de la peur de l’autre et de la stigmatisation. A ce titre, l’annonce par le président d’une révision de la constitution permettant la déchéance de la nationalité de nos concitoyens binationaux nous semble la pire des mesures que le pouvoir pouvait prendre. C’est une fois de plus le signe que les élites classifient et hiérarchisent les citoyens, surfant par là même sur les théories les plus réactionnaires. Par ailleurs, nous condamnons la dérive autoritariste mise en œuvre par le gouvernement qui sert aujourd’hui de prétexte pour museler la société civile et restreindre les libertés publiques.

Nous, nous poursuivrons notre travail de promotion des initiatives populaires, citoyennes et solidaires à la place de la logique de la finance et des oligarchies. Nous lutterons contre toutes les formes d’impérialisme et contre le productivisme destructeur des biens communs et la compétitivité qui engendrent domination, exclusions, injustices et guerres.

Nous ouvrirons notre porte et privilégierons le dialogue, la coopération et la solidarité entre les peuples.