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Edito Avril 2015 : Prenons exemple sur l’Équateur, annulons en partie notre dette publique !

Une crise économique et sociale frappe les populations d’Europe depuis 2008. Pour l’enrayer, des États sont contraints par la Troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) à des plans d’austérité afin de réduire leur dette publique, dans le but de relancer la croissance économique. D’autres États, comme la France, participent volontairement à ces politiques d’austérité.

Or les programmes d’austérité mis en place, nous le constatons aux dépens des peuples européens (grecs, portugais et espagnols en particulier), ne permettent pas de relancer la croissance.

Venons-en alors à la dette publique. Elle représente l’ensemble des engagements financiers pris sous forme d’emprunts par l’État, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement. Aujourd’hui sa part dans les budgets des pays est si importante qu’il faudrait la rembourser au plus vite, au détriment des besoins sociaux des populations. Mais est-ce légitime de rembourser toute la dette ? A quelles conditions est-il juste pour un État de rembourser sa dette publique ?

Décembre 2008. Équateur. Rafael Correa, Président de la République, prend la décision de ne pas rembourser une partie de la dette publique qu’il appelle « illégitime ». Précédemment, une commission d’enquête, composée de citoyens et d’experts, certains au nom du CATDM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde), venait de classer la dette de ce pays en trois parties distinctes : une dette légitime (les emprunts ayant servi à répondre aux besoins du peuple équatorien), une dette illégitime (ayant servi à renflouer les banques privées ou issues de contrats de dettes illégaux) et une dette odieuse (contractée par des régimes dictatoriaux contre l’intérêt du peuple).

Aujourd’hui, la part de la dette légitime, estimée à 30 % de la dette totale, continue à être remboursée par le peuple équatorien. Le montant alloué précédemment au remboursement des deux autres dettes sert aux programmes sociaux mis en place au bénéfice des habitants de ce pays.

Il est important d’ajouter que cette décision n’a pas été contestée par 95 % des créanciers de la dette annulée, dont le FMI et des banques privées.

Pour se prémunir de futurs désagréments, les Équatoriens se sont dotés d’une constitution demeurant un modèle en matière d’endettement public . Son article 290 indique : « On veillera à ce que l’endettement public n’affecte pas la souveraineté nationale, les droits humains, le bien-être et la préservation de la nature ».

Le gouvernement grec, composé majoritairement d’élus du parti Syriza en janvier 2015, négocie aujourd’hui avec l’Union européenne et le FMI car il refuse de poursuivre la politique d’austérité soutenue par les gouvernements précédents. Le remboursement de la dette publique de la Grèce est le levier utilisé ce jour par la Troïka pour obliger le gouvernement grec à de futurs plans d’austérité, ce qui se traduira par l’appauvrissement du peuple.

Par ailleurs, La Tribune, journal économique en ligne, montre par l’intermédiaire d’Ivan Best qu’il en coûterait 10,50 € par an à chaque habitant français si la dette grecque devait être annulée. Suffisant pour le refuser ? Certainement pas. Nous n’avons alors pas à craindre l’annulation des dettes, mais à l’encourager à partir du moment où la justice sociale est mise en péril !

Point crucial ce mardi 17 mars, la présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a annoncé la création d’une commission d’audit de la dette grecque, qui sera chargée d’en déterminer la part illégitime. Si ce gouvernement décide de ne plus rembourser une dette illégitime, soutenons-le ! Soyons tous Grecs.

Fabien Toulemonde,administrateur du Cridev