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Edito Décembre 2016

Plus de 15 ans après l’installation des premiers camps de migrants et de réfugiés dans la banlieue de Calais, nous assistons à son grand démantèlement. La dite « Jungle » occupée par plus de 10000 personnes fait la Une de nombreux journaux. Le message médiatique est clair : il faut vider calais et résoudre « le problème des migrants ». Une autre réalité plus complexe est essentielle à mettre en avant : parlons-nous de crise migratoire ou de crise de politiques migratoires ?

Le CRIDEV a voulu faire entendre d’autres voix. La soirée « causerie Calais » du mardi 15 novembre, organisée par des membres de la commission Animation, illustre parfaitement la démarche du CRIDEV : informer, comprendre, agir.

Une soirée, où chacun.e est venu.e avec ses idées reçues, ses questionnements et ses envies d’engagement. Le collectif réuni (membres associatifs, premiers concernés, militants, curieux-euses...) a répondu à toutes ces attentes lors du speed dating.

Une façon de prendre du recul sur la réalité de Calais, partager les infos ensemble et ne pas croire les médias qui aspergent nos cerveaux de chiffres et autres caricatures. Et surtout rendre humain un fait médiatique.

C’est aussi le témoignage d’Alice, volontaire au CRIDEV, qui permet de comprendre plus concrètement ce qu’il se passe sur place. Elle a raconté son séjour dans la « Jungle » de Calais, une semaine avant le démantèlement d’octobre 2016.

Sa vérité sur Calais ? « Des gens et des rencontres incroyables ».
« Je suis arrivée à l’école laïque au milieu d’un champ à 200 mètres du camp d’urgence. Le démantèlement approchait, la tension était palpable…
J’ai rencontré ...
Marco, pizzaïolo anglais qui parle Kurde, arabe, un peu français, un peu italien, d’origine Kurde, 45 ans, arrivé à 13 ans en Angleterre ! Il y’ a un an et demi, il a tout lâché pour une durée indéterminée afin de venir aider sur la Jungle. Il a confié sa pizzeria à son frère et sa sœur. C’est un mec assez incroyable !
Adam, Béninois, 23 ans, qui a toujours des histoires incroyables à raconter. Souvent le soir il disparaissait quelques heures : avec des amis, ils essayaient de passer en Angleterre. Parfois, certains y arrivaient, lui , il revenait, tout penaud, les habits plein de terre.
Moussa, Soudanais, il ne sait pas quel âge il a. Officiellement la trentaine. Il m’a appris (un peu) à parler arabe, trop chouette bonhomme. Il a déjà son visa pour 10 ans en France. Mais il voulait rester dans la jungle jusqu’à la fin, il avait tout construit là-bas. Surtout créer des liens.
Y’a eu un soir, quelques jours avant le démantèlement, Marco a mis de la musique kurde, a sorti une bouteille de whisky et des bières, nous avons rit, danser. Y’avait d’l’ambiance, on était bien, c’était encore plus la folie que d’habitude ! 
Une soirée avec un soupçon d’amertume, pensant à l’avenir incertain. »

Avant de parler de « migrants », de « réfugiés », d’« exilés », de « déboutés »… nous parlons avant tout de parcours de vie, de rêves, de folies et de personnalités.

Le CRIDEV réaffirme que la mobilité est un droit pour toutes et tous, et souhaite agir dans ce sens cette année.

Julia, Administratrice

Edito Décembre 2016

vendredi 2 décembre 2016, par cridev .

Plus de 15 ans après l’installation des premiers camps de migrants et de réfugiés dans la banlieue de Calais, nous assistons à son grand démantèlement. La dite « Jungle » occupée par plus de 10000 personnes fait la Une de nombreux journaux. Le message médiatique est clair : il faut vider calais et résoudre « le problème des migrants ». Une autre réalité plus complexe est essentielle à mettre en avant : parlons-nous de crise migratoire ou de crise de politiques migratoires ?

Le CRIDEV a voulu faire entendre d’autres voix. La soirée « causerie Calais » du mardi 15 novembre, organisée par des membres de la commission Animation, illustre parfaitement la démarche du CRIDEV : informer, comprendre, agir.

Une soirée, où chacun.e est venu.e avec ses idées reçues, ses questionnements et ses envies d’engagement. Le collectif réuni (membres associatifs, premiers concernés, militants, curieux-euses...) a répondu à toutes ces attentes lors du speed dating.

Une façon de prendre du recul sur la réalité de Calais, partager les infos ensemble et ne pas croire les médias qui aspergent nos cerveaux de chiffres et autres caricatures. Et surtout rendre humain un fait médiatique.

C’est aussi le témoignage d’Alice, volontaire au CRIDEV, qui permet de comprendre plus concrètement ce qu’il se passe sur place. Elle a raconté son séjour dans la « Jungle » de Calais, une semaine avant le démantèlement d’octobre 2016.

Sa vérité sur Calais ? « Des gens et des rencontres incroyables ».
« Je suis arrivée à l’école laïque au milieu d’un champ à 200 mètres du camp d’urgence. Le démantèlement approchait, la tension était palpable…
J’ai rencontré ...
Marco, pizzaïolo anglais qui parle Kurde, arabe, un peu français, un peu italien, d’origine Kurde, 45 ans, arrivé à 13 ans en Angleterre ! Il y’ a un an et demi, il a tout lâché pour une durée indéterminée afin de venir aider sur la Jungle. Il a confié sa pizzeria à son frère et sa sœur. C’est un mec assez incroyable !
Adam, Béninois, 23 ans, qui a toujours des histoires incroyables à raconter. Souvent le soir il disparaissait quelques heures : avec des amis, ils essayaient de passer en Angleterre. Parfois, certains y arrivaient, lui , il revenait, tout penaud, les habits plein de terre.
Moussa, Soudanais, il ne sait pas quel âge il a. Officiellement la trentaine. Il m’a appris (un peu) à parler arabe, trop chouette bonhomme. Il a déjà son visa pour 10 ans en France. Mais il voulait rester dans la jungle jusqu’à la fin, il avait tout construit là-bas. Surtout créer des liens.
Y’a eu un soir, quelques jours avant le démantèlement, Marco a mis de la musique kurde, a sorti une bouteille de whisky et des bières, nous avons rit, danser. Y’avait d’l’ambiance, on était bien, c’était encore plus la folie que d’habitude ! 
Une soirée avec un soupçon d’amertume, pensant à l’avenir incertain. »

Avant de parler de « migrants », de « réfugiés », d’« exilés », de « déboutés »… nous parlons avant tout de parcours de vie, de rêves, de folies et de personnalités.

Le CRIDEV réaffirme que la mobilité est un droit pour toutes et tous, et souhaite agir dans ce sens cette année.

Julia, Administratrice