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Edito avril 2016 : Migrations, faisons les comptes

Mars 2016 : Évacuation du camp de migrants de Calais, accord signé entre l’Union Européenne et la Turquie pour le renvoi des migrants de Grèce en Turquie… la France et l’UE continuent à donner des réponses inappropriées à l’accueil des migrants fuyant les conflits en Syrie, Afghanistan, Somalie et/ou la misère qui les opprime au quotidien dans leur pays.

Bien que le droit de circuler librement soit inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’Homme depuis 1948, l’Union Européenne refuse l’asile à des dizaines de milliers de migrants chaque année. Alors qu’au Liban, les réfugiés syriens accueillis représentent ¼ de la population, la France a accordé l’asile en 2015 à 31% des 79000 personnes qui le demandaient. La France ferme donc ses frontières ou bien choisit ses migrants pour faire face aux déserts médicaux ou pour le nettoyage et la sécurité de nos entreprises, les fameux métiers en tension… Et pendant ce temps, en 2014, 1.68 millions de français vivaient en dehors de nos frontières en se faisant appelés « expatriés » et non « immigrés ».

Quand la France a eu besoin de main d’œuvre pour se reconstruire au lendemain de la 2nd guerre mondiale, elle a su ouvrir ses portes à des dizaines de milliers de portugais et maghrébins. Certes, aujourd’hui, la croissance économique est en berne, le taux de chômage atteint un niveau inquiétant, notre pyramide des âges n’est pas aussi défavorable qu’en Allemagne mais rien ne justifie que nous n’accueillons pas plus et mieux les migrant.e .s venu.e.s chercher une vie meilleure et digne. D’ailleurs, les arguments qui font de la migration une menace pour notre économie ne tiennent pas : de nombreuses études montrent que les migrations n’impactent pas le niveau des salaires et l’emploi et qu’elles contribuent même positivement aux finances de l’Etat . Que dire par contre du business qui se joue autour de la politique d’immigration ? La construction et l’entretien des centres de rétention, les reconduites aux frontières etc. Avec un budget de 114 millions d’euros en 2015, l’agence « indépendante » Frontex protège nos côtes mais laisse les migrants mourir en mer, on compte 3771 décès de migrants dans la Méditerranée en 2015 d’après l’OIM, Organisation Internationale pour les Migrations.

Face à toute cette injustice, soutenons la campagne Frontexit, les actions de la Cimade, du mouvement No Border et du réseau Migreurop, signons les pétitions lancées par Amnesty International et autres associations de défense des droits humains… Mobilisons-nous pour que l’UE et la France accueillent tous les migrants et respectent leurs droits et leur dignité.

Sandrine R., Administratrice