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Édito de juin : La coupe du monde, pour qui ?

Il y a un an tout juste le Brésil et ses un million de manifestants étaient à l’honneur dans tous les médias. Leurs protestations concernaient la mauvaise qualité des services publics, la corruption et le gâchis d’argent public pour la construction de stades.

Aujourd’hui, à l’approche de la Coupe du monde de football c’est le soleil brésilien, sa samba et ses bikinis qu’on célèbre en oubliant les problèmes auxquels les gens sont confrontés.

Accueillir un événement sportif aussi important est l’occasion pour le Brésil d’améliorer l’attrait qu’il exerce sur les touristes et les investisseurs internationaux. C’est aussi l’occasion de générer une activité économique exceptionnelle. Le Mondial aurait un impact positif sur la croissance du Brésil jusqu’en 2019, selon les estimations du ministère brésilien du Tourisme. Le revers de la médaille c’est les dépenses qu’il a fallu engager, estimées à 18 milliards de dollars.

Accueillir la Coupe du monde oblige les pays hôtes à se fixer des objectifs que le pays se doit d’atteindre à n’importe quel prix, et bien souvent au détriment de la population.Au Brésil c’est le cas avec la construction des stades qui oblige à raser des favelas entières laissant ainsi des familles dans la rue sans aucunes aides sociales. La Rapporteuse spéciale de l’Onu, Raquel Rolnik, estimait à 150 000 le nombre de familles menacées d’expulsion dans les villes qui abriteront le Mondial. Des violations du droit à un logement décent directement liées aux exigences de la FIFA. Pour organiser leur lutte, les Brésiliens ont crée l’Articulation Nationale des Comités Populaires de la Coupe (ANCOP) qui porte aujourd’hui la campagne « la Coupe pour qui ? ». Cette campagne vise à dénoncer auprès de la communauté internationale les violations des Droits humains découlant de ces méga-événements. La représentante de l’ANCOP, Larissa Araújo, défendra cette cause le 28 mai lors de la prochaine session du Conseil des Droits humains de l’ONU à Genève pour que celui-ci oblige le gouvernement brésilien à arrêter immédiatement les expulsions forcées et à créer un plan national de dédommagements pour les personnes déplacées.

Le CRIDEV s’associe à cette campagne et vous encourage à la suivre et à diffuser autour de vous un autre regard sur cet événement sportif qui va concentrer une grande part de l’attention ces prochaines semaines.


Marine Parmentier, administratrice au Cridev.

Pour aller plus loin :

Édito de juin : La coupe du monde, pour qui ?

mardi 10 juin 2014, par cridev .

Il y a un an tout juste le Brésil et ses un million de manifestants étaient à l’honneur dans tous les médias. Leurs protestations concernaient la mauvaise qualité des services publics, la corruption et le gâchis d’argent public pour la construction de stades.

Aujourd’hui, à l’approche de la Coupe du monde de football c’est le soleil brésilien, sa samba et ses bikinis qu’on célèbre en oubliant les problèmes auxquels les gens sont confrontés.

Accueillir un événement sportif aussi important est l’occasion pour le Brésil d’améliorer l’attrait qu’il exerce sur les touristes et les investisseurs internationaux. C’est aussi l’occasion de générer une activité économique exceptionnelle. Le Mondial aurait un impact positif sur la croissance du Brésil jusqu’en 2019, selon les estimations du ministère brésilien du Tourisme. Le revers de la médaille c’est les dépenses qu’il a fallu engager, estimées à 18 milliards de dollars.

Accueillir la Coupe du monde oblige les pays hôtes à se fixer des objectifs que le pays se doit d’atteindre à n’importe quel prix, et bien souvent au détriment de la population.Au Brésil c’est le cas avec la construction des stades qui oblige à raser des favelas entières laissant ainsi des familles dans la rue sans aucunes aides sociales. La Rapporteuse spéciale de l’Onu, Raquel Rolnik, estimait à 150 000 le nombre de familles menacées d’expulsion dans les villes qui abriteront le Mondial. Des violations du droit à un logement décent directement liées aux exigences de la FIFA. Pour organiser leur lutte, les Brésiliens ont crée l’Articulation Nationale des Comités Populaires de la Coupe (ANCOP) qui porte aujourd’hui la campagne « la Coupe pour qui ? ». Cette campagne vise à dénoncer auprès de la communauté internationale les violations des Droits humains découlant de ces méga-événements. La représentante de l’ANCOP, Larissa Araújo, défendra cette cause le 28 mai lors de la prochaine session du Conseil des Droits humains de l’ONU à Genève pour que celui-ci oblige le gouvernement brésilien à arrêter immédiatement les expulsions forcées et à créer un plan national de dédommagements pour les personnes déplacées.

Le CRIDEV s’associe à cette campagne et vous encourage à la suivre et à diffuser autour de vous un autre regard sur cet événement sportif qui va concentrer une grande part de l’attention ces prochaines semaines.


Marine Parmentier, administratrice au Cridev.

Pour aller plus loin :