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Le témoignage de Liza, une jeune accompagné par le Cridev.

Témoignage de Liza, 21 ans, qui s’apprête à rejoindre le Canada pour aller passer quelques mois au sein de l’association les Impatients pour y découvrir l’art thérapie. Cette association vient en aide aux personnes atteintes de problèmes de santé mentale par le biais de l’expression artistique.

"21 ans et tout pour devenir quelqu’un, manque plus qu’à mettre les choses à leurs places.

J’ai commencé l’accompagnement sans trop savoir, quelques balises juste, pour délimiter le déroulement et les objectifs de la démarche.
Oui oui ça me plaît, je me dit « ça ne coûte rien d’essayer, tout ce que j’ai pour le moment c’est un sac doublé d’une envie de partir, quelqu’un pour me dire ce qu’il faut mettre dedans ne sera pas de trop ».

Je me retrouve en tête à tête avec Elise, il parait qu’il faut être sincère, ici c’est un espace de libre parole. Oui oui, j’entends, carrément, je suis POUR la libre parole. Pour moi ça sonne comme un idéal, on y croit sans imaginer que ce soit vraiment possible. On discute, j’ai l’impression de parler surtout de moi, ça me met un peu mal à l’aise. C’est qui en face de moi ? J’ai l’impression d’être un archétype, un cliché ambulant, un agglomérat de phrases toutes faites.

Post adolescente en quête d’ailleurs, paye ton originalité, vise un peu ma sincérité.
J’ai moi-même du mal à me prendre au sérieux, je suis guindée de tous les côtés.
Des envies de voyage, de grand voyage, j’en ai déjà eu des centaines, mais jamais elles ne passaient le porche de la maison des histoires pour enfants, des aventures imaginaires, la barrière des possibles.

Et me voilà en face d’Elise qui me dit que le but, ici, c’est de savoir qu’est ce qui, au fond de moi, motive cette envie de partir, pour pouvoir construire ensemble, un projet qui soit, en quelque sorte, du sur mesure.
Pour et par soi. Je comprend très bien tout ce qu’elle me dit, ça semble logique mais j’ai jamais été pragmatique. L’audace des mots ça me connaît j’en ai plein les poches, mes mains, elles, y sont vissées bien aux chauds. Les premiers pas c’est pas mon dada, le concret ça me rend frileuse et petite souris.

Ce serait mentir que de dire que je me suis directement prise au jeu, il m’a fallu un certain temps d’adaptation. Ça a quelque chose de déstabilisant l’intime quand on s’attendait au formel. Être soi-même ça s’apprend et je suis visiblement novice. Je déblatère mais le petits discours préparé au préalable ne semble pas faire son effet, un bout de moi aurait préféré qu’elle soit dupe.

Elle note des trucs sur son carnet, j’essaie de savoir qu’est ce que ça pourrait bien être. Elle et moi on m’écoute attentivement. La différence c’est qu’une d’entre nous cherche à se dépatouiller et que l’autre sait ce qu’elle fait.
Si je suis d’accord pour faire cet accompagnement, alors ça veut dire qu’on est en partance pour les profondeurs.
Je hoche la tête : essaie donc.
Je repars chez moi avec des petits trucs à faire, écrire de mon coté sur quelques pistes qu’aurait mis en évidence notre entrevue. Je peux écrire comme je veux. On se revoit dans une semaine. Pas plus de consignes.

Il n’y a pas d’obligations, surtout pas. Ce que m’explique Elise c’est que les effets de cette collaboration seront déterminés par l’investissement que j’y mettrais. Me voilà bien, on dirait que quelqu’un croit en moi.

Arrivée chez moi je saute sur mes « devoirs », j’y réfléchis pendant toute la semaine, je me dit que, décidément, l’éducation nationale n’a vraiment rien compris.
Passées les premières séances un peu laborieuses Elise fait preuve de patience, elle dit et redit les mêmes choses, dans tous les sens, de toutes les façons, pour trouver quelle formulation me fera percuter. Si je comprends tout ce qu’elle me dit, je n’entend qu’à moitié et ce jusqu’à ce que je comprenne, qu’elle, entend tout ce que je lui dis, même ce que je ne dis qu’à moitié.
Un jour, ça a résonné plus fort, ça a fait bouger autre chose que la tête, c’était dans le ventre. Ce jour là plus qu’un autre, j’étais prête à entendre dans son entièreté ce qui m’était dit, de sentir et d’accepter, au fond de moi, que quelque chose allait changer. Pour moi c’est le résultat d’une écoute attentive, on m’a reconnu en tant que tel au milieu des stéréotype, des formalités, des blablas, des ouioui. On m’a entendu. Ca a été le début d’un processus qui me permet jour après jour de légitimer ce que je suis, ce que je veux et ce dont j’ai envie. Je me suis tout bêtement rendue compte que j’avais le droit.

Passé ce cap, étant rassurée sur la transparence de nos échanges et ayant entièrement confiance en Elise, j’ai pu déterminer de manière précise mes peurs, mes envies et mes priorités et ainsi commencer réellement à construire mon projet en étant toujours soutenue et accompagnée par Elise. Son regard extérieur m’a été d’une grande aide, pour surmonter des phases de découragements, faire le point, voir plus clair, me mettre à l’épreuve, me pousser à et ce toujours dans la bienveillance et le respect.

Me voilà lancée dans une dynamique active et concrète. Titillée par la curiosité, je fais mes recherches, j’échange, je me nourris et par la même vois se dessiner peu à peu les contours de mon projet, les contours de ce que je suis. Je peux constater dans ma vie de tous les jours des changements, une évolution échelonnée qui a de réels impactes. Et pour cause, tout l’accompagnement est ponctué des petits défis d’Elise : le coup de vent qui fait sauter du haut du plongeoir, qui fait se rendre compte de tout ce qu’on est capable de faire.

 

Je dirais aujourd’hui qu’il s’agit d’un engament mutuel. Fort heureusement ce mot n’a pas été énoncé par Elise, il aurait été de ceux qui m’auraient fait suer à grosses gouttes, fuir et surtout jamais revenir.
Si je l’utilise ici, c’est bien parce que ce mot ne me fait plus aussi peur qu’avant. A travers l’accompagnement, j’ai compris la force motrice qui pouvait se dégager de l’engagement.

Je ne qualifierais pas l’accompagnement d’agréable, personnellement, ce travail m’a trop bouleversé pour dire que c’est agréable, mais il n’en est pas moins extrêmement constructif et libérateur.
Pour moi c’est une expérience très personnelle étant donné que chacun construit à sa façon son propre projet, avec l’énergie qu’il choisit de mettre dedans, je pense qu’il est impossible d’en généraliser ou d’en prévoir les effets.

Ce que l’on peut cependant en dire c’est que c’est une démarche passionnante (pourvu qu’on accepte de s’y plonger) et en fait, le début du voyage qui commence. »

Le témoignage de Liza, une jeune accompagné par le Cridev.

dimanche 1er janvier 2017, par cridev .

Témoignage de Liza, 21 ans, qui s’apprête à rejoindre le Canada pour aller passer quelques mois au sein de l’association les Impatients pour y découvrir l’art thérapie. Cette association vient en aide aux personnes atteintes de problèmes de santé mentale par le biais de l’expression artistique.

"21 ans et tout pour devenir quelqu’un, manque plus qu’à mettre les choses à leurs places.

J’ai commencé l’accompagnement sans trop savoir, quelques balises juste, pour délimiter le déroulement et les objectifs de la démarche.
Oui oui ça me plaît, je me dit « ça ne coûte rien d’essayer, tout ce que j’ai pour le moment c’est un sac doublé d’une envie de partir, quelqu’un pour me dire ce qu’il faut mettre dedans ne sera pas de trop ».

Je me retrouve en tête à tête avec Elise, il parait qu’il faut être sincère, ici c’est un espace de libre parole. Oui oui, j’entends, carrément, je suis POUR la libre parole. Pour moi ça sonne comme un idéal, on y croit sans imaginer que ce soit vraiment possible. On discute, j’ai l’impression de parler surtout de moi, ça me met un peu mal à l’aise. C’est qui en face de moi ? J’ai l’impression d’être un archétype, un cliché ambulant, un agglomérat de phrases toutes faites.

Post adolescente en quête d’ailleurs, paye ton originalité, vise un peu ma sincérité.
J’ai moi-même du mal à me prendre au sérieux, je suis guindée de tous les côtés.
Des envies de voyage, de grand voyage, j’en ai déjà eu des centaines, mais jamais elles ne passaient le porche de la maison des histoires pour enfants, des aventures imaginaires, la barrière des possibles.

Et me voilà en face d’Elise qui me dit que le but, ici, c’est de savoir qu’est ce qui, au fond de moi, motive cette envie de partir, pour pouvoir construire ensemble, un projet qui soit, en quelque sorte, du sur mesure.
Pour et par soi. Je comprend très bien tout ce qu’elle me dit, ça semble logique mais j’ai jamais été pragmatique. L’audace des mots ça me connaît j’en ai plein les poches, mes mains, elles, y sont vissées bien aux chauds. Les premiers pas c’est pas mon dada, le concret ça me rend frileuse et petite souris.

Ce serait mentir que de dire que je me suis directement prise au jeu, il m’a fallu un certain temps d’adaptation. Ça a quelque chose de déstabilisant l’intime quand on s’attendait au formel. Être soi-même ça s’apprend et je suis visiblement novice. Je déblatère mais le petits discours préparé au préalable ne semble pas faire son effet, un bout de moi aurait préféré qu’elle soit dupe.

Elle note des trucs sur son carnet, j’essaie de savoir qu’est ce que ça pourrait bien être. Elle et moi on m’écoute attentivement. La différence c’est qu’une d’entre nous cherche à se dépatouiller et que l’autre sait ce qu’elle fait.
Si je suis d’accord pour faire cet accompagnement, alors ça veut dire qu’on est en partance pour les profondeurs.
Je hoche la tête : essaie donc.
Je repars chez moi avec des petits trucs à faire, écrire de mon coté sur quelques pistes qu’aurait mis en évidence notre entrevue. Je peux écrire comme je veux. On se revoit dans une semaine. Pas plus de consignes.

Il n’y a pas d’obligations, surtout pas. Ce que m’explique Elise c’est que les effets de cette collaboration seront déterminés par l’investissement que j’y mettrais. Me voilà bien, on dirait que quelqu’un croit en moi.

Arrivée chez moi je saute sur mes « devoirs », j’y réfléchis pendant toute la semaine, je me dit que, décidément, l’éducation nationale n’a vraiment rien compris.
Passées les premières séances un peu laborieuses Elise fait preuve de patience, elle dit et redit les mêmes choses, dans tous les sens, de toutes les façons, pour trouver quelle formulation me fera percuter. Si je comprends tout ce qu’elle me dit, je n’entend qu’à moitié et ce jusqu’à ce que je comprenne, qu’elle, entend tout ce que je lui dis, même ce que je ne dis qu’à moitié.
Un jour, ça a résonné plus fort, ça a fait bouger autre chose que la tête, c’était dans le ventre. Ce jour là plus qu’un autre, j’étais prête à entendre dans son entièreté ce qui m’était dit, de sentir et d’accepter, au fond de moi, que quelque chose allait changer. Pour moi c’est le résultat d’une écoute attentive, on m’a reconnu en tant que tel au milieu des stéréotype, des formalités, des blablas, des ouioui. On m’a entendu. Ca a été le début d’un processus qui me permet jour après jour de légitimer ce que je suis, ce que je veux et ce dont j’ai envie. Je me suis tout bêtement rendue compte que j’avais le droit.

Passé ce cap, étant rassurée sur la transparence de nos échanges et ayant entièrement confiance en Elise, j’ai pu déterminer de manière précise mes peurs, mes envies et mes priorités et ainsi commencer réellement à construire mon projet en étant toujours soutenue et accompagnée par Elise. Son regard extérieur m’a été d’une grande aide, pour surmonter des phases de découragements, faire le point, voir plus clair, me mettre à l’épreuve, me pousser à et ce toujours dans la bienveillance et le respect.

Me voilà lancée dans une dynamique active et concrète. Titillée par la curiosité, je fais mes recherches, j’échange, je me nourris et par la même vois se dessiner peu à peu les contours de mon projet, les contours de ce que je suis. Je peux constater dans ma vie de tous les jours des changements, une évolution échelonnée qui a de réels impactes. Et pour cause, tout l’accompagnement est ponctué des petits défis d’Elise : le coup de vent qui fait sauter du haut du plongeoir, qui fait se rendre compte de tout ce qu’on est capable de faire.

 

Je dirais aujourd’hui qu’il s’agit d’un engament mutuel. Fort heureusement ce mot n’a pas été énoncé par Elise, il aurait été de ceux qui m’auraient fait suer à grosses gouttes, fuir et surtout jamais revenir.
Si je l’utilise ici, c’est bien parce que ce mot ne me fait plus aussi peur qu’avant. A travers l’accompagnement, j’ai compris la force motrice qui pouvait se dégager de l’engagement.

Je ne qualifierais pas l’accompagnement d’agréable, personnellement, ce travail m’a trop bouleversé pour dire que c’est agréable, mais il n’en est pas moins extrêmement constructif et libérateur.
Pour moi c’est une expérience très personnelle étant donné que chacun construit à sa façon son propre projet, avec l’énergie qu’il choisit de mettre dedans, je pense qu’il est impossible d’en généraliser ou d’en prévoir les effets.

Ce que l’on peut cependant en dire c’est que c’est une démarche passionnante (pourvu qu’on accepte de s’y plonger) et en fait, le début du voyage qui commence. »